Fiona Tan : Geography of Time

Skills: comptes rendus d'expositions

Texte publié dans Espace art actuel # 114 – hiver 2016

Fiona Tan, Vox Populi Tokyo (détail), 2007 Installation photographique, 305 photographies en couleur encadrées individuellement Photo : Hiroshima Museum of Art

Fiona Tan, Vox Populi Tokyo (détail), 2007
Installation photographique, 305 photographies en couleur encadrées individuellement
Photo : Hiroshima Museum of Art

À l’instar du travail que Fiona Tan développe depuis le début des années 1990, Geography of Time1, le titre de l’exposition, loin d’être univoque, émane de la dizaine d’œuvres, toutes réalisées entre 2000 et 2013, qui jalonnent l’ensemble de l’exposition.

Geography of Time s’ouvre sur une œuvre ambitieuse : Vox Populi (initiée en 2004). Des centaines de photographies issues d’albums photo personnels ont été collectées par l’artiste auprès des habitants d’un même lieu (ici, les séries portent sur Londres, Tokyo et Sydney). En résultent des nuées d’images, véritables « mosaïques photogra- phiques », aussi sublimes que magistrales, regroupées par villes ou

par pays, qui interrogent les notions d’identité et d’histoire tant personnelle que collective puisque ces images, en quittant la sphère privée, changent radicalement de portée. La grande cohérence du dispositif donne au visiteur l’impression d’appréhender une histoire commune, propre à l’ensemble d’une population, à travers cette multitude de souvenirs pourtant très intimes. Les imperfections contenuesdanscertainesphotographies,larécurrencedecertains motifs,decertainesscènesquinoussontfamilières—tellesqu’une remise de diplôme ou encore un enfant sou ant des bougies sur un gâteau d’anniversaire — créent une forme de proximité avec le sujet et viennent questionner la porosité de l’identité, le dispositif de mémoire, ainsi que notre regard. Ces photographies semblent, par un e et de miroir, nous renvoyer le regard que nous posons sur elles, nous renvoyer à notre propre vie faite également d’une multitude de souvenirs, d’a ects, de motifs récurrents, de présences, mais aussi d’absences.

Fiona Tan considère le temps comme étant tout à la fois « un outil avec lequel façonner et ciseler, et un matériau que l’on peut plier, tordre et configurer ». Cette approche est prégnante dans les œuvres de l’exposition où elle se révèle être éminemment sensible aux transformations que l’artiste lui fait subir.

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L’intégralité du texte est à retrouver en version PDF sur le site ERUDIT